Musique: Tao - album TAO: Music For Relaxation

compositeur: Ron Allen. Tous droits réservés

Fondements de la pensée chinoise

Cette rubrique ne vise pas à être exhaustive, elle présente simplement quelques

éléments significatifs de la pensée chinoise, en lien avec la pratique du Qi Gong.

  • Le Ying et le Yang :

Le Qi Gong est née à l’époque où l’être humain vivait en harmonie avec la nature. Ainsi la pratique du Qi Gong permet de remonter le cours de son histoire et de se plonger dans l’essence profonde de l’être humain qu’est son harmonie avec la nature.

Dans le domaine de la réalité, la nature est la manifestation matérielle du vide initial.

Elle met en action deux forces opposées en direction et en conséquences.

Deux forces complémentaires. Ces deux forces sont connues sous les termes yin et yang.

L’être humain, à l’image de la nature, contient également en lui ces aspects yin et yang.

 


Au delà de l’être humain, tout ce qui sur terre est manifesté répond à cette polarisation.
Par exemple, le corps humain, dont la tête (en haut) est yang par rapport aux pieds (en bas). Toujours dans le corps humain, la haut du tronc, la poitrine sont de nature yang par rapport au bas du tronc, le bas ventre, le nombril qui sont de nature yin. La partie antérieure (intérieure, cachée, recroquevillée au stade embryonnaire) est de nature yin par rapport au dos qui est de nature yang (découvert, extérieur). Les organes du corps humain (cœur, poumon, rate, foie, rein) sont de nature yin par rapport aux viscères (intestin grêle, gros intestin, estomac, vésicule biliaire, vessie) de nature yang.

L’aspect féminin de l’être humain est de nature yin comparé à son aspect masculin, qui est de nature yang. A l’intérieur de chaque être humain, la nature yin et la nature yang de l’énergie s’équilibrent, la maladie étant un moyen dont l’être humain dispose pour équilibrer son système d’énergies. Dans le corps humain, l’énergie de nature yang en stimule les fonctions (accélération du rythme cardiaque, du métabolisme, élévation de la température et des rythmes en général). Par contre l’énergie de nature yin modère, ralentit les fonctions (cœur, métabolisme, …).

D’une manière globale, dans le corps humain, le yin et le yang doivent être équilibrés, mais au niveau de chaque organe les aspects yin et yang coexistent. Ainsi l’équilibre global du yin et du yang dans le corps humain dépasse la répartition de l’énergie entre haut et bas, droite et gauche, avant et arrière … mais intéresse également des facteurs intégrant les organes, les entrailles, … dans la polarité personnelle propre à chaque être humain.

 

Le Qi Gong sera pratiquée en respectant cette polarisation yin et yang de l’être humain. Par exemple en utilisant l’énergie du soleil qui est de nature yang il sera possible de fortifier l’aspect yang du cœur (qui est l’organe le plus yang de tous les organes), au delà par cette fortification ce sera tout l’aspect yang de l’organisme que l’on fortifiera. D’une même façon, capter l’énergie de la lune qui est de nature yin favorisera l’activité des reins qui sont les plus yin des organes. De façon plus générale, il est possible de tirer profit de la position, du mouvement, de la direction, du positionnement dans l’espace du corps en associant la concentration pour harmoniser la répartition de l’énergie dans les différentes partie du corps et par conséquent équilibrer les aspects yin et yang.

 

 

L’être humain, placé entre le ciel et la terre, est à l’image de ceux-ci. Pour les taoïstes, la terre est de nature yin (polarité négative), le ciel est de nature yang (polarité positive).
Les parties basses, antérieures, internes de l’être humain sont yin ; les parties hautes , postérieures, externes sont yang. L’être humain, debout les bras dressés, se trouve entre les pôles terrestre et céleste, il est traversé par des courants ascendants et descendants. Ces courants suivent le trajet des méridiens.

On retrouve, au niveau du tronc de l’être humain, l’organisation « ciel/homme/terre ». Cette organisation est appelée les trois foyers, ou triple réchauffeur. Il s’agit de trois centres, trois zones d’énergie qui réunissent et coordonnent l’activité des cinq organes.

Le triple réchauffeur, sixième entrailles, est couplé avec le maître du cœur dans l’élément feu (« feu ministre »). Représentant la structure des relations réciproques des viscères entre eux, il porte un nom mais n’a pas de forme. Il se compose du :

  • Réchauffeur supérieur qui couvre la poitrine, le cou, la tête et comprend les relations du cœur et des poumons,

  • Réchauffeur moyen qui couvre la région entre la poitrine et le nombril, et rassemble les relations de l’estomac et de la rate-pancréas,

  • Réchauffeur inférieur qui couvre l’abdomen et comprend les relations du foie, des reins et de la vessie.

Les trois foyers sont reliés anatomiquement notamment par le méridien Chong Mai, qui les traverse tout trois.


Le triple réchauffeur partage avec le méridien Chong Mai le rôle de faire circuler et de distribuer l’énergie originelle Yuan Qi vers la périphérie du corps, à la peau et aux 12 méridiens.


 

- Les trois Dantian, les trois champs de cinabre, ou trois centres énergétiques principaux, représentent les différents plans:

  • Le plan du ciel (associé aux fonctions circulatoire et respiratoire), corrélé au point "Yin Tang" (entre les sourcil), siège du Shen.

  • Le plan de l’homme (associé aux fonctions d’assimilation), corrélé avec le point "Zhongwan" au niveau du sternum, siège du Qi.

  • Le plan de la terre (associé aux fonctions d’élimination) , corrélé avec le dan tian (dont le point "Qi hai" est le point de concentration) au niveau du nombril, siège du Jing.

Jing, Qi, Shen sont nommés les trois joyaux (San Jiao), l’alchimie visée, lors de la méditation est la transmutation du Jing en Qi et du Qi en Shen.

  • Les 5 mouvements:

À partir de l’observation de la nature, et des processus naturels de vie qui se déroulent en son sein, les chinois ont établi un système symbolique, reflétant les mouvements naturels de la transformation cyclique inhérente à la vie. Le système des cinq éléments est un des piliers de la science chinoise antique. Il s’appuie sur une vision de l’homme comme étant un élément de l’univers dont il ne peut être dissocié. C’est à partir de son positionnement dans l’espace, que seront définies les quatre directions (est, sud, ouest, nord) ; les quatre phases du temps (aurore, jour, crépuscule, nuit) et aussi les quatre saisons (printemps, été, automne, hiver).

Ces cinq éléments ou cinq mouvements (Wu Xing) sont nommés : BOIS, FEU, MÉTAL, EAU (pour les quatre directions), le centre est symbolisé par la TERRE. Ainsi, chaque caractéristique de l’homme ou phénomène de la nature pourra être relié à l’un de ces éléments. Un tableau de correspondance est établi, permettant de tirer des règles de fonctionnement normal de la physiologie.

 


Par exemple, au printemps, c’est le foie qui contient le plus d’énergie. En été, c’est le cœur. On pourra se référer à cette classification, non pas comme à une loi figée, mais un outil permettant de régulariser les organes, selon la saison, le climat, le moment de la journée, la diététique… Notre pratique de qi gong pourra s’y référer également : pratiquer les mouvements pour équilibrer l’énergie du foie, sera plus efficace au printemps, qu’à toute autre saison.
Ces éléments, en interaction les uns avec les autres, sont organisés selon deux lois ou principes internes :
- La loi de génération ou cycle « Sheng »

De même que le printemps donne suite à l’été, puis à la fin de l’été, à l’automne, puis à l’hiver; et que le soleil se déplace de l’est vers l’ouest; le BOIS génère le FEU, qui génère la TERRE, qui génère le METAL, qui génère l’EAU, qui génère le BOIS.
Dans le corps, le principe se retrouve pour relier les organes : le foie passe son énergie au cœur (on dit que le foie est le mère du cœur), le cœur à la rate, la rate au poumon, le poumon aux reins et le rein au foie.

Pour relier ces éléments théoriques à la pratique du qi gong, on peut donc considérer que pour renforcer l’énergie des reins, par exemple, on pratiquera des mouvements, auto-massages et respirations pour tonifier cet organe; mais on veillera également à travailler l’énergie du Poumon, qui est la mère du Rein.
C’est dans le NanJing, que l’on trouve cette image de la mère nourricière, dans ce cycle de transformations positives, où chaque élément engendre l’élément suivant.
- La loi de contrôle ou de domination (cycle Ke)

Dans ce cycle, chaque élément est contrôlé par un autre élément et en contrôle lui même un autre. Dans le Nanjin, cette relation est comparée à celle établie entre une grand-mère et son petit-enfant. De même que l’été s’oppose à l’hiver, le FEU évapore l’EAU, et l’EAU éteint le FEU; le rein contrôle donc le cœur (mais le cœur peut aussi se retourner contre le rein, dans le cadre d’un processus pathologique.) Les cinq éléments sont donc liés par un principe de rétro-contrôle.

 « Le METAL peut couper le BOIS,
 l’EAU peut éteindre le FEU,
 le BOIS peut s’étendre sur la TERRE,
 le FEU peut fondre le METAL,
 la TERRE peut endiguer l’EAU »
      Su Wen dans le Huang Di Nei Jing Su Wen : Classique de médecine interne de l’Empereur Jaune, environ 100 av J-C.


Références bibliographiques

  • Dr Yves REQUENA : « QI GONG Gymnastique de santé et de longévité » Guy Trédaniel éditeurs, 1998.

  • HUANG DI Nei Tching Sou Wen traduit par LAVIER J.A., Puiseaux : Pardès, 1990 in Sylvie CHAGNON : « Le qi gong de l’origine à nos jours, et son essor en France » Extrait de thèse.

  • Michel GRANET : « La pensée chinoise », Paris, Albin Michel, 1968

  • Dr Yang Jwing-Ming : « Chi-kung de Da Mo, les secrets de la jeunesse », Budo Editions, 2006